vendredi 24 août 2012

Les nouveaux blogs c'est pour bientôt!

Comme annoncé dans une post précédent, les nouveaux blogs, à savoir la bande-passante, l'art et création (la Récré) et Voyages en histoire, vont bientôt arriver. Très bientôt même, car ils sont dans la phase finale de création! Donc encore un peu de patience, ça ne va pas tarder!

Cependant, la médiathèque a quant à elle fait peau neuve! Voici le petit guide de la métamorphose qui comporte entre autre le plan de la médiathèque.




A bientôt pour de nouveaux post dans de tous nouveaux blogs!

mardi 14 août 2012

L'Instant metal du 5 juin 2012 : la dernière de l'année


Encore du retard, mais on va faire avec. On conclut l'année avec une petite spéciale Hellfest (même si c'est déjà passé et que je n'ai présenté qu'un groupe...), le célèbre festival de metal extrême de Clisson, dont l'une des prestigieuses têtes d'affiche était le groupe qui groove et qui pique : Lamb Of God.

Lamb Of God
Un groupe de groove metal, donc, genre dont je dois préciser à nouveau les caractéristiques étant donné que j'ai dit absolument n'importe quoi sur les articles précédents. Le groove metal est donc un dérivé du thrash metal (Metallica, Slayer, Anthrax, Megadeth) se focalisant sur tout ce qui est rythmique. On peut donc avoir, par exemple, des riffs à tempo modérés sur une batterie ultra rapide. Autre point, où il me semble que je ne me suis pas trompé, il peut ne pas y avoir de solo, mais ce n'est pas le cas de tous les morceaux. On peut aussi retrouver des influences plutôt étonnantes à savoir le funk, ou même le disco ! Mais, ne vous enflammez pas, ce n'est pas systématique (il y a quelqu'un qui risque de se reconnaître si jamais elle lit cet article...).

Jaquette de Wrath
Revenons à nos moutons : Lamb Of God, un groupe d'excellents musiciens mélant riffs techniques, chant guttural et puissant, à la croisée du groove, du thrash, du metalcore, et du death. Que demander de plus ? Au passage, j'ai été surpris de l'enthousiasme qu'à provoquer le groupe chez les auditeurs qui ont écouté l'énorme Set To Fail, tiré de l'album Wrath, bizarrement plus disponible à la médiathèque...


Pour conclure, Morgan a évoqué l'éventuelle possibilité d'obtenir le dernier album en date à la médiathèque, Resolution. Une dernière chose, je ne peux pas parler de Lamb Of God à l'heure qu'il est sans évoquer un malheureux incident : le chanteur Randy Blythe a été, quelques jours auparavant, accusé d'homicide involontaire sur un jeune fan tchèque. Il a été pour l'instant libéré sous caution, mais ce n'est probablement pas fini pour Randy. Triste affaire à suivre...

mercredi 11 juillet 2012

Fêtes escales à Vénissieux du 11 au 14 juillet

Une fête populaire, musicale, gratuite et de qualité en plein cœur de Vénissieux : il faudrait être fou ou mal informé pour passer à côté.

Qu'est-ce qui nous plaît le plus dans ce festival ?
-La fête citoyenne du 14 juillet, revendiquée comme telle par ses programmateurs
-L'éclectisme tout aussi recherché : culture urbaine, musique du monde, chanson
-Le choix des artistes, on ne peut plus au poil, il suffira de citer les 3 têtes d'affiche pour mettre tout le monde d'accord : Zebda, Miossec, Ray Lema

Au milieu d'un été comme toujours riche en festivals et en (plus ou moins) bonnes surprises musicales, notez au marqueur rouge le rendez-vous vénissian dans votre agenda.

Ce soir, mercredi 11 juillet, c'est l'ouverture du festival.

Demain, jeudi 12 juillet, les choses sérieuses commencent. Au programme :

Zebda

  • The Waggons, pour un départ hip hop
  • Under Kontrol, hip hop encore pour une session beatbox
  • Zebda, vraiment, faut-il les présenter ?
  • X-Forme, pour une performance vidéo sonore qu'on retrouvera les 3 soirs
Le vendredi 13 juillet, place à la musique du monde :

Ray Lema
  • Cumbia Ya, de la cumbia, chic alors ! Souvenez-vous, on vous en a déjà parlé en long et en large
  • Ray Lema, lui aussi on vous en a parlé, et ça s'annonce tout aussi excitant
  • X-Forme, deuxième
  • sans oublier bien sûr le traditionnel feu d'artifice (ça se passera au stade Laurent Gerin, juste à côté)
On termine fort le samedi 14 juillet :

Miossec
  • L'opéra de Lyon viendra jouer quelques airs de Carmen
  • Pique-nique républicain : c'est pas de la musique, mais on aime tellement le concept !
  • Ginkgoa, chanson française à résonance jazz
  • R.Wan, le MC de Java en solo, ça devrait être drôle et énergique, un rappeur pas comme les autres
  • Miossec, un peu de Brest au parc Dupic
  • X-Forme, dernière
Tout au long du festival, les enfants aussi sont soignés avec des animations, des jeux, des pique-niques. Ils ont pensé à tout, et le tout est gratuit et ouvert à tous, on aime bien le répéter.

Toutes les informations sur le site de la ville, c'est à suivre ici.

mercredi 4 juillet 2012

L'Instant metal du 22 mai 2012 : déstructuré et encore très en retard...

Ah, c'est dur d'assurer la régularité d'un blog. On rattrape le retard de deux mois avec l'After de la séance consacrée à The Dillinger Escape Plan, que j'ai déjà évoqué ici (ahh, les débuts...).

A défaut de trouver une photo de 1999, un des derniers line-up, voire le dernier
 Groupe de mathcore reconnu, on les distingue par leur son torturé, destructuré et bien lourd. L'album Calculating Infinity, sorti en 1999, peut en témoigner. Ca a beau être du grand n'importe quoi, ce premier jet reste virtuose et brutal. On note le chant très particulier du premier leader, Dimitri Minakakis, sans voix claire, qui fonce dans le tas, et qui n'a aucun scrupule. Par moments, on se conjugue également quelques passages en guitare clean, au son presque jazzy, qui est une grosse influence chez énormément de groupe de mathcore. Enfin, pour illustrer tout ça, on a écouté l'hymne 43% Burnt, malheureusement encore sur Grooveshark, n'ayant pas fait l'objet d'un clip officiel.

Jaquette de Calculating Infinity
Je terminerai par une comparaison entre les deux albums chroniqués sur ce blog, le premier Calculating Infinity, et le dernier en date, Option Paralysis. Il faut déjà savoir que le remplacement de Dimitri Minakakis par Greg Puciato a, semble-t-il, fait fuir les fans de la première heure. Quelque part, on les comprend, car il est clair que le nouveau DEP sonne bien plus clean, bien plus mélodique que le premier. Le son de guitare beaucoup moins lourd, l'apparition de voix claires, et les polyrythmies moins présentes. Cela dit, je tiens à préciser que je ne crache pas pour autant sur le nouveau DEP, qui vaut autant le coup que l'ancien.
P.S. : Calculating Infinity est disponible à la médiathèque !

samedi 30 juin 2012

La "métamorphose" de la médiathèque


Bientôt 8 ans que notre médiathèque a élu domicile dans les locaux situés dans l'agora à Chassieu. Pour ceux qui ne connaissent pas ces locaux je vous propose une petite image de l'entrée de la médiathèque.

Comme une médiathèque n'est pas un temple immuable, nous avons décidé de relooker cet été nos espaces. En quoi cela consiste-t-il? Actuellement la médiathèque est classée par supports, les livres d'un côté, les CDs,DVDs de l'autre, l'idée est de mélanger ces supports et de raisonner par pôle ou centres d'intérêts. Ainsi, selon la curiosité ou les sujets de prédilection de chacun, vous aurez, dans un même lieu, tous les supports disponibles à la médiathèque.
Pour vous rendre compte de l'ampleur de l'ensemble du travail de cet été, voici quelques chiffres en vrac :
  • environ 20 0000, c'est le nombre de documents qui seront manipulés
  • 11, se seront le nombre de pôles qui seront crées
  • 144, c'est le nombre de roulettes qui seront aménagées

Qui dit nouvelle organisation, dit nouveaux noms: ainsi les espaces sont rebaptisés Côté Jardin, Côté Cour et Côté Rue.

Pour vous donner l'eau à la bouche, voici, le communiqué de presse officiel avec un plan de la futur réorganisation de la médiathèque. 

 

Pour ne pas être en reste, et faire corps avec ses espaces physiques, les blogs seront également revus. Pour l'instant, ils sont au stade du chantier et ne sont donc pas visibles pour l'heure. Ces nouveaux blogs suivront l'esprit de la métamorphose initiale et auront pour nouveaux noms la bande-passante, l'art et récréation (aussi nommé la récré) et voyage en Histoires.
La bande-passante sera consacré à la musique, au cinéma et au multimédia. L'art et création (dit la récré) sera, quant à lui, consacré aux loisirs dans son acceptation large du terme. Enfin voyage en Histoires mèlera fiction et documentaire.

Ceci reste encore flou, pour vous ? Soyez patient, vous allez découvrir les nouveaux blogs !

jeudi 21 juin 2012

Moonrise Kingdom, ou les amours d'enfance selon Wes Anderson


On est en 1965, sur une île de Nouvelle-Angleterre. Sam et Suzy, 12 ans, décident ensemble de fuguer. Lui quitte un camp de scout (les kaki), où il est la brebis galeuse de ses camarades, et il quitte également une famille d'accueil qui ne veut plus de lui. Elle, dépressive, quitte une famille comme Wes Anderson les décrit si bien, étrange et brillante. Alors qu'ils s'enfoncent dans la forêt, une tempête approche.


Wes Anderson, réalisateur de la famille Tenenbaum, la vie aquatique et a bord du darjeeling limited, signe ici un film d'aventure bon enfant et autour des enfants. Il n'abandonne pas pour autant ses thèmes de prédilection : les névroses du monde adulte et les cruautés de l'enfance. On retrouve aussi son esthétisme pop-vintage (il s'en donne d'ailleurs à cœur joie en plaçant son récit dans les années 60) et sa capacité à faire exister des personnages tragi-comiques (le chef de camp des kaki, professeur de mathématiques incapable de tenir son rôle de gardien de l'ordre, le policier, amoureux malheureux au grand cœur...). La disparition des deux pré-ados révèle les blessures existentielles de ces personnages secondaires.
Anderson maitrise parfaitement son récit, il utilise ici un narrateur omniscient qui nous prédit la tempête terrible qui va s'abattre sur l'île, ce qui insuffle un brin de suspens dans la fuite des deux amoureux.

mardi 19 juin 2012

Bande Son du 22 mai 2012, volume 3

Dernier volet consacré au rock.

-Andrew Bird Break it yourself


Originaire de l'Illinois, il vit maintenant à Chicago. Violoniste de formation, il se lance dans la musique folk d'abord au sein du groupe Bowl of Fire puis en solo. Bird n'a pas moins de 11 EP et albums à son actif. Il compose et joue seul (il utilise l'oversampling lors de ses concerts pour jouer par-dessus ses propres boucles) et propose un univers folk très personnel, à la fois mélancolique et innovant.
Break it yourself, le onzième album peut sembler moins lumineux que les précédents. Il s'agit pourtant d'un album rare, de ceux où l'on découvre de nouvelles beautés écoute après écoute. Un album à écouter attentivement et à laisser mûrir.


L'ambition et la qualité de la composition de cette perle folk sont irrésistibles. Appréciez les différents mouvements de la chanson :

Give it away

Le fantôme de Morrissey plane sur cette entraînante ballade. Dans l'album, on retrouvera d'autres fantômes outre Morrissey, le biblique Jeff Buckley est également convoqué :


Eyeoneye

-Girls Father, Son, Holy Ghost



Groupe de San Francisco formé en 2008.
Le groupe est marqué par la personnalité très forte du chanteur/compositeur Christopher Owens, lui-même marqué par une enfance au sein de la secte des Enfants de Dieu qu'il fuira à 16 ans.
En 2009, leur premier album, Album, est salué par la critique autant que le deuxième Father, Son, Holy Ghost 5ème meilleur album de 2011 selon Pitchfork.
Le rock de Girls est tour à tour plein de soleil, joyeux et sautillant ; sombre et introspectif mais toujours d'une grande sensibilité et d'une justesse parfaite.

Essayez de vous habillez comme ça et d'avoir la classe en même temps et on en reparle !


Honey bunny

Titre rock romantique absolu, des mots (plus que des paroles à proprement parler) répétés à l'infini comme dans une prière. Et un titre qui sonne comme une déclaration d'amour à lui tout seul : Vomit. Des guitares qui pleurent presque autant que la voix encore ivre du chanteur. Envoûtant.


Vomit

-Rover Rover



Rover, de son vrai nom Timothée Régnier, fils d'expatriés qui a, pour la petite histoire, fréquenté le même lycée français à New York que des membres des Strokes, a beaucoup bougé. En 2004, il crée au Liban un groupe de punk, "The New Government". Viré du pays pour des raisons de visa, il fait son retour en France sans son groupe et décide alors de se concentrer sur son premier album.
Non content d'écrire et de composer l'album seul, il joue aussi de tous les instruments. Classé rock, il ne reflète étonnement pas du tout les racines punk de l'artiste. Le magazine les Inrocks le comparait à Neil Hannon pour sa volonté d'allier une ambition pop assumée à une grande liberté de création, je le rapprocherais du crooner aussi pour son incroyable capacité à passer des graves aux aigües.
Son premier album, simplement intitulé "Rover" , est sorti chez cinq7, label indé qui a signé entre autres Albin de la Simone, Dominique A, Lilly Wood and the prick, Aaron, The Do et Kaolin.

Aqualast est le premier morceau de l'album.


Aqualast

Merci aux participants. Prochainement, l'After de la dernière BS de la saison avec blind-test thématique. Faudrait pas le rater alors surveillez vos flux !

samedi 16 juin 2012

Le Synopsis : Bande annonce du 29 mai

Et pour continuer le plaisir autour du cinéma, à l'avant dernière bande-annonce, on a parlé de cannes, de vampires et d'animaux aquatiques (requins et autres orques).

Commençons avec les vampires et le dernier Tim Burton,  Dark Shadows:

Synopsis : 1760. Le riche Barnabas Collins quitte l'Angleterre avec ses parents pour s'installer dans le Maine et y fondre un port de pêche. Après avoir fricoté avec la bonne qui a un nom à consonance française (Angélique Bouchard), il décide d'épouser Josette, jeune et innocente fille en fleur. Mais le malheureux ignore qu'il vient de jeter une sorcière jalouse avec des pouvoirs magiques. Elle fait sauter la jeune mariée du sommet d'une colline et, au moment où Barnabas se jette dans le vide, elle le transforme en vampire. Enterré dans un cercueil, il ne sera libéré en 1970 que pour constater la déchéance de sa famille: ruine de l'entreprise familiale, famille a bord de la crise de nerf, psy à demeure... Au milieu de ce chaos émerge un espoir : la nouvelle nounou de la famille ressemble trait pour trait à Josette...

Après un début plutôt réussi, le film sombre dans un enchainement de scènes à la gloire de Johnny Depp, en laissant de côté des pans entiers de l'histoire qui avaient été soulevés pour être abandonnés très vite. Quid de la relation entre le jeune David qui parle à sa mère morte et sa gouvernante qui souffre de la même bizarrerie? 
 
Donc, jusqu'aux 20 premières minutes du film, tout va bien. Burton introduit son histoire et ses personnages qu'il replace dans son univers si particulier avec la même maestria narrative que nous lui connaissions dans Edward aux mains d'argent ou Beetlejuice. La descendance loufoque, l'immersion dans les années 1970, des second rôles prometteurs (presque autant que les acteurs, Jonny Lee Miller en tête) tout semblait idéal.
Au réveil de Barnabas, Burton semble totalement délaisser le fil de son récit au profit de son acteur fétiche : jusqu'à la fin du film il ne se passe quasiment pas une scène sans que Johnny Depp en soit. Du coup, ses personnages secondaires si bien introduits (ainsi que leurs excellents interprètes) sont honteusement laissés à l'abandon.
Burton s'éternise dans des scènes qui apportent si peu à l'histoire (la soirée avec Alice Cooper) et les enchaine pour un résultat sans grande cohérence.
Eva Green en revanche dans le rôle d'Angélique Bouchard est excellente. Et ce sera là mon point positif du film.

Enchainons avec les requins (de la finance)...


Margin call, J. C. Chandor

Synopsis : Tout commence par des licenciements : des personnes sont appelées dans un bureau par des inconnues pour se voir signifier leur renvoi d'une banque d'investissements, sorte de Lehman Brothers. 80% des employés de l'étage seront renvoyés ce jour là, à tous les niveaux, des subalternes aux petits chefs. Eric Dale (Stanley Tucci) remet à son ancien employé, avant de quitter le bâtiment, une clé USB contenant des informations sur l'état de la banque et du marché en général. Il sent un gros problème sans pouvoir l'identifier. Peter Sullivan (Zachary Quinto) comprend au premier coup d'œil la gravité de la situation du marché et des finances de la banque. Durant une nuit de 2008, avant le krach boursier, l'information va remonter toutes les strates de la structure, jusqu'à son charismatique et cynique patron. Des décisions seront prises.

Dès les premières minutes du film, on est plongés dans une ambiance angoissante et malsaine. Dans cette scène d'ouverture sur les renvois des employés, Chandor réussit à créer un suspens causé non pas par une bombe prête à exploser mais par le sort de ces employés : qui sera renvoyé, qui restera... L'atmosphère est déjà belle et bien installée.

Le film est un quasi huis-clos : tout se passe durant une journée et une nuit dans cette banque. Cette mise en scène permet l'instauration d'une tension dramaturgique créée par l'ambiance nocturne et le compte à rebours qui a commencé à l'instant où la gravité de la situation a été comprise.
Chandor expliquera plus tard que le film est un huis-clos de nécessité : manque de moyens pour ce premier film où le réalisateur décrit plus qu'il ne dénonce des personnages s'enfoncer dans cette catastrophe dont ils comptent bien se sortir indemne. Les deux jeunes apprentis traders, seuls dans la boite à être capable de comprendre des colonnes de chiffres, ouvertement et principalement intéressés par l'argent (le premier ne parle que des salaires des patrons de la banque, le second, petit génie des chiffres, a préféré Wall Street et l'argent facile aux étoiles et la Nasa). Le petit patron au salaire déjà mirobolant qui préfère ignorer le ballet incessant des virés portant leur cartons dans les bras. Et que dire du « moyen patron » (Kevin Spacey) qui pleure à chaudes larmes la maladie de son chien avant de tenir un discours triomphant devant les 20% de la boîte qui n'ont pas perdu leur boulot. Cette finesse dans le traitement des (nombreux) personnages empêche Chandor de tomber dans le manichéisme et la caricature. Un premier essai plus que réussi.

Et dans la catégorie requin, continuons avec Cosmopolis de Cronenberg.



Synopsis : Dans un New York en ébullition, l'ère du capitalisme touche à sa fin. Eric Packer, golden boy de la haute finance, s'engouffre dans sa limousine blanche. Alors que la visite du président des Etats-Unis paralyse Manhattan, Eric Packer n'a qu'une seule obsession : une coupe de cheveux chez son coiffeur à l'autre bout de la ville. Au fur et à mesure de la journée, le chaos s'installe, et il assiste, impuissant, à l'effondrement de son empire. Il est aussi certain qu'on va l'assassiner. Quand ? Où ? Il s'apprête à vivre les 24 heures les plus importantes de sa vie.

Tout ou presque se passe dans une limousine blanche : Packard tient à traverser la ville pour atteindre son coiffeur. Toujours calme et sûr de lui, l'homme le plus riche du monde regarde son monde tomber sans ciller. Il ne le regarde pas directement, mais à travers la fenêtre de sa limousine ou son écran de télé. Cronenberg rejoue la chute de l'empire romain chez les capitalistes. Adaptation d'un roman de Don De Lillo, le film a du mal à s'affranchir du texte original et à force de fidélité finit par en devenir verbeux. Sans doute est-ce cet aspect qui a poussé certains spectateurs à quitter la salle au milieu du film, perdus au milieu de ces longues conversations reprises quasiment telles quelles par rapport au roman. Esthétiquement parfait, tout comme son précédent (A dangerous method), Cronenberg réussit quelques belles scènes, mais signe finalement un film plutôt décevant.


jeudi 14 juin 2012

Bande Son du 22 mai 2012, volume 2

On continue avec du jazz et une excellente production de 2011 :

-Ray Lema Live avec le jazz sinfonica de Sao Paulo



Ray Lema, musicien congolais est né en 1946. Il vit en France depuis 1980. Il commence la musique en étudiant Bach, Mozart et les classiques européens. Par la suite, dans sa production, Ray Lema a croisé traditions africaines et avant-garde.

Mais c'est à l'occasion de l'enregistrement de ce disque qu’il a pu réunir tous ses amours musicaux. Cette collaboration, dans le cadre de l'année de la France au Brésil, réunit le facétieux musicien et le Jazz symphonique de Sao Paulo. Pour l'occasion, le chef d'orchestre Joao Maurico Galindo a choisi 13 titres dans la discographie de Lema pour les réarranger. Le résultat : un vrai dialogue entre musique "savante" et musique "populaire", un album émouvant, délicat et drôle. Les 2 univers se mêlent, se touchent et inventent une nouvelle forme de musique. Le timbre de voix si particulier de Lema et la totale implication du chef et de son orchestre font merveilles. Les deux hommes et l’orchestre travaillent depuis sur de nouvelles créations.


 -Bojan Z Soul shelter



Bojan Zulfikarpašić est un pianiste de jazz franco-serbe né en 1968 à Belgrade. En 2005, il reçoit le prix Hans Koller de meilleur artiste européen de jazz. Il travaille avec des légendes tels que Scott Colley, Nasheet Waits ou encore Josh Roseman. Bojan Z est toujours à la recherche de sonorités nouvelles, il invente un instrument, le xénophone, pour le besoin de l'album Xenophonia largement salué par la critique. Soul shelter est son deuxième album solo. La production est sensible et soignée, pleine de poésie et de délicatesse. L'artiste explique très bien sa démarche lui-même:


Un détour par la chanson française et les longues routes américaines pour la présentation de Serge :

-Boulbar Motor hotel


Road album s'il en est. De son périple de plusieurs mois aux USA, Boulbar a ramené cet album de voyage, intime et délicat. Motor hotel nous parle des routes, des longs paysages, des stations services et des personnages qui les hantent, sortis tout droit d'un roman de Bukowski, à qui le chanteur rend hommage au passage. Un album plaisant qu'on écoute d'une oreille distraite et qui invite aux voyages.

Motor hotel

Dernier volet de la BS dans quelques jours.

vendredi 8 juin 2012

Bande Annonce, dernière!

Pour cette der des der, la bande annonce vous propose de revenir sur deux sorties ciné de ces dernières semaines :

  • Moonrise Kingdom de Wes Anderson :



  • Prometheus de Ridley Scott :



Et vos films préférés, cultes...

mercredi 6 juin 2012

Bande Son du 22 mai 2012, volume 1

Voici venue la BS du mois de mai pour réchauffer nos petits cœurs frigorifiés. Vous pouvez toujours vous faire une idée de la playlist de la soirée avec le lecteur Deezer en haut à droite du blog sobrement intitulé : L'After de la BS, mai 2012.



Pour commencer, une information à noter dans vos agendas : la venue de TPoZ pour le tout premier concert de saison organisé par et à la médiathèque le samedi 9 juin à 16h00. Plus d'informations sur l'indispensable "portail de la scène musicale lyonnaise" Amply.

Après ce petit apéritif, place au menu de la soirée :
  • Musique du monde
  • Jazz
  • Rock
  • Et bien sûr les choix de nos chroniqueurs et les coups de cœur des participants
-The Original sound of Cumbia, the history of colombian cumbia & porro as told by the phonograph 1948-79 

 
The Original Sound of Cumbia dernière sortie du précieux label Soundway Records, est une véritable mine de trésors compilant 54 classiques de musiques cumbia et porro enregistrés entre 1948 et 1979. Ce copieux double CD est le fruit de cinq ans de recherche par le musicien/producteur référence en la matière, Will “Quantic” Holland.

La cumbia, rythme ancestral (danse et genre musical né au 17ème siècle) est la musique du métissage par excellence : mélange de 3 cultures, africaine, indienne et espagnole.
La présence de mouvements charnels est caractéristique des danses d'origine africaine.
Les costumes s'inspirent de ceux de la culture espagnole.
Pour ce qui est de la musique, les tambours sont d'origine africaine, les maracas, les sifflets et les flûtes  d'origine indienne, tandis que les chants et chansons populaires viennent de la poésie espagnole, bien qu'adaptée à la cumbia.

La cumbia (si tant est qu'elle ait jamais été moins populaire) connaît un regain d'intérêt depuis plusieurs années. De nombreux airs très populaires s'inspirent directement de ses ingrédients: Pitbull le mondialement connu "rappeur" d'origine cubaine, le difficilement supportable Michel Telo avec son tube Ai se eu te pego, je vous épargne la traduction, popularisé par les footballeurs quand ils célèbrent leur but (ben tiens!) ou encore, et plus agréablement, El hijo de la cumbia, producteur électro qui se réapproprie les tubes de cumbia des années 50-60, son disque est présent dans nos bacs.

Au cœur de ses rythmes imparables, populaires et dansants, la cumbia arrive à faire transparaître une certaine nostalgie, une douceur miraculeuse au milieu de l'effervescence (on ne peut s'empêcher de penser au réalisme magique dont de nombreux auteurs d'Amérique latine sont les tenants). On a rarement fait sonner les accordéons avec autant de bonheur. Cet été, c'est Cumbia pour tout l'monde !

-Ba Cissoko Nimissa


On change de continent mais on garde le soleil et le métissage avec le quatrième album du Franco-Guinéen Ba Cissoko (né en 47 à Koundara, il réside à Marseille). Un album enregistré avec le producteur Philippe Eidel. Une rencontre importante qui donne une teinte extrêmement métissée à l'album.

La kora et la voix de Ba Cissoko sont le socle commun, et à ces sonorités d'Afrique viennent se mêler des arrangements funk (sur le titre Nimissa notamment), reggae, et rock (particulièrement Kora rocks). Si c'est la kora électrique follement entraînante du cousin Sekou Kouyaté (surnommé le Jimi Hendrix de la kora quand même) qui retient notre attention et nous envoûte le plus, les 3 autres musiciens ne sont pas manchots non plus.
Si on peut regretter un certain formatage calibré pour le grand public, la puissance de frappe que Cissoko et ses quatre fantastiques est en mesure de déployer sur scène vaut le déplacement et compense largement ce petit handicap. La preuve avec les vidéos suivantes.

Nimissa

Kora rocks

La suite très prochainement.

lundi 4 juin 2012

Pop vengeresse

C'est le moment de se défouler !

Singtank vous donne enfin les pleins pouvoirs : droit de vie et de mort sur d'insupportables ectoplasmes masculins.

 


Interactif, potache et "gondryesque" dans les effets, voilà un clip qui réussit son coup : attirer l'attention sur la musique qu'il met en image. Les Français de Singtank, duo parisiens de frère et sœur, viennent de sortir un premier album In wonder, dans la lignée des réussites popeuses du moment, hypes et imparables. Nous, on est déjà conquis.

mardi 22 mai 2012

Bande Annonce du 29 mai

Pour cette avant-dernière, focus pêle-mêle sur :

Le monde de la finance :

  • Margin call, J.C. Chandor :


Le monde des vampires :

  • Dark Shadows, Tim Burton : 


Le monde des auteurs ratés :

  • Twixt, Francis Ford Coppola :


 Le monde des criminels australiens :

  • Animal Kingdom, David Michôd :



Et plein d'autres choses...

samedi 12 mai 2012

Chassieu à l'heure romantique

Hier soir au Karavan théâtre, c'était soirée piano romantique allemand.



Marie Vermeulin et Juliana Steinbach sont venues interpréter quelques pièces du formidable répertoire romantique allemand.

Premier Grand Prix du Tournoi International de Musique en décembre 2004, Deuxième Grand Prix et Prix du plus jeune finaliste au Concours International Maria Canals de Barcelone en mai 2006, Deuxième Grand prix au concours International Olivier Messiaen en décembre 2007, Marie Vermeulin est d'emblée sollicitée par de nombreux festivals français ou étrangers. Sélectionnée pour représenter la France lors du concours des radios francophones en 2006, Marie Vermeulin est, dès lors, régulièrement invitée sur le plateau de France Musique.

Née au Brésil en 1979, Juliana Steinbach a entamé ses études musicales en France. Après ses premières années de formation au Conservatoire de Lyon (CNR), elle a étudié au Conservatoire de Paris (CNSM). Elle y a obtenu les Premiers Prix de piano et musique de chambre. Lauréate de plusieurs fondations, elle a été récompensée à un grand nombre de concours internationaux. En récital ou en musique de chambre, elle s'est produite dans les plus belles et prestigieuses scènes mondiales. En 2005, elle fonde le festival "Musique en Brionnais" dont elle est, depuis, directrice artistique.


Au programme de la soirée :
  • Franz SCHUBERT, Wanderer Fantasie
  • Johannes BRAHMS, Klavierstücke op.118
  • Robert SCHUMANN, Arabesque op.18
  • Robert SCHUMANN, Fantaisie op.17
Les 2 pianistes nous ont offert une prestation de qualité, inspirée et délicate. A la maîtrise technique parfaite de Marie Vermeulin, à son impeccable et néanmoins vivante interprétation, Juliana Steinbach a répondu par un récital habité et un instinct de circonstance pour ces morceaux d'une grande intensité dramatique.
Elles n'ont pu résister au plaisir de nous offrir quelques valses de Brahms à l'heure de nous quitter, geste qui a fini de conquérir un public déjà acquis.

Ceux qui auront raté le spectacle pourront se consoler en écoutant ou en réécoutant les nombreux romantiques présents dans les bacs de musique classique. Et comme on a de la suite dans les idées à la médiathèque, on vous propose de prolonger cet instant romantique avec Regards sur une œuvre le mercredi 23 mai consacré au très grand Caspar David Friedrich et à son célèbre Der Wanderer über dem Nebelmeer (Voyageur contemplant une mer de nuages).


On vous gâte ! Rendez-vous mercredi 23 mai à 19h00, entrée libre et gratuite, évidemment !

lundi 30 avril 2012

L'Instant metal du 3 mars (avec un bérêt, une baguette de pain et beaucoup de retard)

Mon dieu ! Un mois sans Instant metal, ça remonte à loin !
Bref, on a mis cette séance au goût du jour, à savoir la chanson française. Et s'il n'y avait qu'un groupe que je pouvais citer et dont je me demandais d'ailleurs quand est-ce que j'allais en parler (roulement de tambour) : Mass Hysteria, un groupe bien français qui chante en françois. On qualifie leur style de metal fusion. C'est bien simple : un bon kilo de rap metal, un gramme de metal indus, une cuillerée de metal alternatif et une pincée de harcore et vous avez l'un des groupes les plus populaires de France. Oui, car vous avez peut-être déjà dû entendre, ne serait-ce que leur nom, au détour d'informations politiques.

Mass Hysteria
Certes, on est pas là pour en faire, mais je ne peux pas évoquer Mass Hysteria sans parler du grand Patrick Roy, malheureusement plus de ce monde depuis 2011. Il était connu pour sa célèbre veste rouge, ses interventions houleuses à l'Assemblée nationale, et surtout pour être un fervent défenseur du metal en France, tristement ignoré par les médias de masse comme la télévision ou certains journaux. On l'a vu notamment se battre contre la loi HADOPI et pour la conservation du Hellfest, festival de metal se déroulant à Clisson, que Philippe De Viliers et Christine Boutin ont qualifié de sataniste...

Patrcik Roy
Revenons-en au groupe. Point faible du groupe : les textes, pas forcément très inspirés et dans lesquels on se demande où Mouss, le chanteur, veut en venir. Mais, l'énergie est là, et on ne peut pas s'empêcher de sauter comme des fous en écoutant leurs morceaux. Celui qu'on a écouté est Une Somme De Détails tiré de l'album du même nom. Malheureusement, il n'y a aucune vidéo officielle en ligne. Nous avons donc jeté notre dévolu sur Grooveshark. Je vous laisse apprécier, et d'ici là, à la prochaine !

Pochette de Une Somme De Détails

mercredi 25 avril 2012

Bande Son du 10 avril 2012 part 3

Dernière partie de la BS du 10 avril, à retrouver ici et ici. Et pour démarrer en beauté, séquence Reggae-blues-bizarre :

-Little Axe, If you want loyalty buy a dog


Rencontre du reggae et du blues, point culminant de 25 années de partenariat musical entre le producteur Adrian Sherwood et le musicien Skip 'Little Axe' McDonald. Les racines musicales de Skip sont le blues qui lui a été transmis par son père pendant son enfance à Dayton dans l'Ohio. Adrian est lui considéré comme l'un des producteurs les plus versatile et prolifique du dub, un visionnaire du son. Un album vibrant avec une vraie âme dedans.

Song to sing

Keep on drinking

Hugo a pris la suite et nous a présenté sa chronique musique et manga Rockin'Wasabi avant de laisser la place à Julien pour un Instant métal exceptionnel. Julien nous a proposé 2 de ses compositions personnelles, seul à la guitare, un grand merci à lui.

La sélection de Lila

James Blake, James Blake


Ce petit londonien de 23 ans a fait beaucoup d'émules après la sortie de son premier album il y a un an et de la tournée des festivals qui l'a suivi l'été dernier. Entre post-dubstep, soul et electro, cet album permet aux non-initiés une immersion dans ce genre encore peu connu sorti de la capitale britannique. Cet album EPONYME (ceci est une faute que l'auteure de cette chronique ne veut pas admettre), que Blake a enregistré seul chez lui et proposé ainsi aux maisons de disque est plutôt épuré, languissant, fonctionnant sur une même rengaine : en un mot envoutant, je dirais. Sa voix, transformée grâce à des filtres est rendue tour à tour crispante ou émouvante. Seule planche de salut pour les paumés qui ne sauraient pas ce qu'ils fabriquent sur cet opus, Blake reprend un titre de la chanteuse Feist, "Limit to your love". Le morceau écouté était "The Wilhelm scream" (traduction française : le cri de Wilhelm, je vous en prie, ça me fait plaisir), qui fait référence à un cri très connu et très utilisé dans le cinéma. Il a été utilisé pour la première fois dans un film d'aventure des années 50 avant d'être rendu célèbre par l'ingé son de Star Wars qui s'est amusé à le placer plusieurs fois. Depuis, les films qui ont utilisés ce fameux cri se comptent par centaines. Sur youtube, des petits malins se sont amusés à poster des vidéos reprenant le "cri Wilhelm" dans les films où il apparait.

The Wilhelm scream

Zebda, Second tour

Je ne vous ferai pas l'affront de vous présenter le groupe toulousain, qui a fait ses débuts voilà un bon quart de siècle, aux textes poétiques et engagés, aux trois voix chaudes et douces avec ce petit accent du sud, à la musique énergique et entrainante, à la chanson de qualité, en gros. On a écouté Le théorème du Châle. Zebda était en concert au Transbo le 18 avril avec Barcella en 1ère partie, et quel(s) concert(s)...

Le théorème du châle

Et pour finir Serge nous a parlé des Nuits de Fourvière : Dominique A qui défendra son nouvel album, Vers les lueurs (bientôt dans nos bacs), le lundi 18 juin et Juliette Gréco (déjà dans nos bacs) qui fera son tour sur la colline le mardi 3 juillet.

Merci aux participants, on se retrouve bientôt : mardi 22 mai à 20H.

samedi 21 avril 2012

Bande Son du 10 avril 2012 part 2

Suite de la BS du 10 avril, avec du rock comme promis :

-Hanni El Khatib, Will the guns come out

Le garage n'est pas mort avec Hanni El Khatib, Américain de 25 ans né de mère philippine artiste et de père palestinien ingénieur informatique, ça existe plus 21ème siècle ? El Khatib propose un rock assez rudimentaire : une guitare une batterie sur la plupart des titres pour aller droit au but. Un album fait de morceaux courts, rapides, plein de jeunesse et de fureur. On pense au White Stripes des débuts, simples et directs. Hanni El Khatib sera aux Nuits de Fourvière le mercredi 4 juillet en 1ère partie de Kasabian.
Fuck it you win, attention, le clip est quelque peu "sauvage"

Come alive avec une adorable petite fille

-Soko, I thought I was an alien

SoKo (Stéphanie Sokolinski) est une auteur-compositrice-interprète et actrice française d'ascendance polonaise, née en 1985 à Bordeaux. Elle crée un buzz mondial en 2007 en sortant un ep de 5 titres sur lequel figure I'll kill her, ballade dépressive et désespérée d'une amoureuse déçue. Après plusieurs périodes de doutes et de crises existentielles, Soko sort un album en 2012, I thought I was an alien, album pop-folk lo-fi, bizarre, lunaire, résolument personnel, parfois très beau, parfois rasoir. Néanmoins, une personnalité attachante et à part, à classer avec ses amis I'm from Barcelona, Cocorosie et autre Anthony and the Johnsons. Accueil plus que mitigé par les participants, impitoyables je vous dis !

I Thought I was an alien

I'll kill her : Le morceau qui l'a fait découvrir

-Liz Green, O, devotion!


La même en anglais ? Presque, Liz Green se fait connaître en 2007 et met tout ce temps pour surmonter son dégoût des studios d'enregistrement. Timbre de voix vintage, sonorités de cabarets. Liz Green a le charme et le charisme d'une conteuse et ses histoires nous rappellent au bon souvenir de Tom Waits. Les clips sont particulièrement réussis et beaux.
Bad medicine

Displacement song

Suite et fin dans quelques jours.

mercredi 18 avril 2012

Bande Son du 10 avril 2012 part 1

"Je t'ai manqué ?
Pourquoi tu me visais ?"
chantait Bashung et il avait raison ("comprend qui peut", ça c'était Bobby Lapointe il avait raison aussi, ok j'arrête, j'arrête, n'empêche qu'on les a à la médiathèque) !


Cette mystérieuse introduction pour la dernière BS du moment avec au programme de mardi soir dernier :
  • Nos derniers achats et coups de cœur
  • L'instant métal
  • Rockin' Wasabi
  • La sélection de Lila
  • Serge on Serge

Un petit volet musique du monde, ça faisait longtemps, avec rien de moins que 2 continents représentés :

-El Rego, El Rego et ses commandos

La pochette de l'album suffit pour se rendre compte de la classe du parrain de l'afro-funk. Roi des scènes africaines dans les années 70 avec son groupe Les Commandos, Théophile do Rego est né dans les années 30 au Bénin. Pour cet album, le collectionneur d'afro-soul Mark Grossman a remonté sa piste et exhume aujourd'hui ses meilleurs enregistrements en 45 tours : douze titres remastérisés d'une soul psychédélique. Dès le premier titre, Feeling you got, on jurerait entendre James Brown. Sur l'entêtant Djobime, ses onomatopées saturées, entre « yeaaaahs » et « uuunnhs », s'enchaînent sur un rythme frénétique : de l'afro-beat pur jus, hypnotique en diable, qu'il décline ici en fon, ailleurs en français.

Feeling you got

Djobime



-Carlinhos Brown, Alfagamabetizado

Direction le Brésil pour rencontrer le charismatique Carlinhos Brown, dieu vivant des percussions. Il naît en 1962 à Salvador de Bahia, il est tout à la fois chanteur, percussionniste, compositeur, producteur et animateur culturel. Il forme le groupe Timbalada dans les années 90, véritable phénomène au Brésil. Alfagamabetizado, son premier album solo, sort en 1996 et soulève l'enthousiasme de la critique. Le public ne tarde pas à suivre grâce à une série de concerts spectaculaires. Sa fusion modernité tribalisme doit beaucoup au tropicalisme apparu au Brésil en 67. Alfagamabetizado est un mélange de funk, de rythme traditionnel et de psychédélisme pour un rendu très festif et enthousiasmant.

A Namorada



Pour goûter un peu de la virtuosité de Brown aux percussions : Bog la bag


La suite, dans quelques jours, sera plus rock.

mardi 10 avril 2012

Le synopsis Acte II : Bande Annonce du 13 mars

On continue ce tour d'horizon des sorties ciné/dvd de cet hiver avec La Taupe de Tomas Alfredson.

On est en 1973, en Angleterre, en pleine guerre froide. On a la certitude qu'il y a une taupe au MI6, les services secrets britanniques. Une mission est menée par le patron du MI6, surnommé Control (John Hurt). Elle consistait à envoyer un agent en Hongrie rencontrer un homme disant connaître l'identité de la taupe. Cette mission se solde par un échec, l'agent est abattu, ainsi que de nombreux civiles aux alentours. Cet échec marque le renvoi de Control et de son second, Smiley (Gary Oldman). Mais, quelques temps après la mort de Control, le gouvernement réengage secrètement Smiley afin qu'il démasque la taupe de l'extérieur. Pour ce travail, on lui octroie les services d'un jeune agent, Peter Guillam (Benedict Cumberbatch).
Ce qui frappe tout d'abord dans le film, c'est l'ambiance clairement définie par le réalisateur dans les 8 premières minutes du film. Il utilise un générique long et lent, une monstrueuse musique, où l'on suit la sortie de Smiley du bâtiment occupé par le MI6 surnommé le Circus. Il dévoile un lieu extrêmement laid dans des tonalités de gris, orange et kaki. Ce générique nous montre aussi une organisation figée, chaque agent à sa place, à sa tâche. Comme si le réalisateur tenait à détruire tout net et le plus vite possible les images glamour que le spectateur peut avoir du monde des services secrets.
Du coup, vous l'aurez compris, il ne faut surtout pas aller voir ce film si l'on s'attend à une enquête à la Jason Bourne ou James Bond. Ici, peu ou pas d'action, mais une organisation décortiquée, des personnages compliqués. L'enquête de Smiley ressemble plus à un jeu d'échec, où il décide des pions à sacrifier afin d'atteindre la pièce maîtresse.
Le film est construit sur une succession de flash back revenant sur une soirée de noël organisée par le MI6. Primordiale, le réalisateur la sème au fil de son récit, et nous dévoile peu à peu par ce biais les personnalités de ses héros.
On retiendra un film d'espionnage tout en finesse, et avant tout une ambiance. Si, à la fin du film, vous n'avez pas tout saisi, c'est plus que normal. Le récit est constitué de plein de fils emmêlés.
On retiendra aussi l'une des meilleures distributions de ces dernières années, Ocean's eleven peut aller se rhabiller. Colin Firth qui renoue avec les bons rôles après des années de mauvais films (bon, peut-être à part A Single Man), Gary Oldman tout en retenue, Mark Strong qui confirme sa place bien ancrée dans les bons seconds rôles, et aussi une pléiade d'acteurs anglais pas forcément très connus, mais parfait. Parmi ceux-ci, mention spéciale à Benedict Cumberbatch, le meilleur interprète de Sherlock Holmes de tous les temps (oui, oui, rien que ça!), ici en idéaliste qui apprend le douloureux métier au contact de Smiley.



Et maintenant, parlons mammifères, parlons ruminants, parlons vaches.
Morgan nous a brillamment présenté le documentaire Bovines ou la vraie vie des vaches d'Emmanuel Gras.

Synopsis : Dans les champs, on les voit, étendues dans l'herbe ou broutant paisiblement. Grosses bêtes placides que l'on croit connaître parce que ce sont des animaux d'élevage. Lions, gorilles, ours ont toute notre attention, mais a-t-on jamais vraiment regardé des vaches ? S'est-on demandé ce qu'elles faisaient de leurs journées ? Que font-elles quand un orage passe ? Lorsque le soleil revient ? A quoi pensent-elles lorsqu'elles se tiennent immobiles, semblant contempler le vide ? Mais, au fait, pensent-elles ? Au rythme de l'animal, au milieu d'un troupeau, "Bovines" raconte la vie des vaches, la vraie.

Voici donc le programme : un peu plus d'une heure, dans une salle obscure, à regarder paître des vaches. Face à ce défi limite incommensurable, le réalisateur fait apparaître cet animal tout en grâce et en majesté. On regarde ces vaches manger, dormir, meugler, et tout cela en prenant le temps.

Le réalisateur a fait le choix de plans serrés, l'homme est peu présent dans la narration, et lorsqu'il apparait, le film bascule peut-être trop dans le jugement hautain du citadin sur le monde agricole. Emmanuel Gras a aussi choisi de se concentrer sur les bruits : le son de l'herbe arrachée, de la langue sur une oreille, rien ne nous échappe.

On conclut avec le grand Clint et son biopic sur J. Edgar Hoover.

J. Edgar relate comme son nom l'indique la vie de J. Edgar Hoover, premier directeur du FBI, de 1924 à sa mort et sous huit présidents.
Synopsis : Par un jeu d'allers-retours entre ses dernières années, où il dicte ses mémoires à de jeunes et beaux agents du FBI, et ses débuts à Washington puis sa carrière tout entière, le film retrace à travers l'évocation d'Hoover la création du FBI ainsi que certains grands évènements de l'histoire des États-Unis, comme la panique face au communisme au lendemain de la révolution russe, l'enlèvement du bébé de Charles Lindberg, la guerre contre les gangsters populaires des années 30. Mais il ne tombe pas dans le grand défaut de certains biopics qui ont tendance à prendre pour prétexte l'évocation de la vie d'un personnage pour faire un film historique et rendre le personnage principal pauvre.
Au contraire, ici, Eastwood n'a quasiment d'yeux que pour son personnage : Hoover est disséqué depuis ses jeunes années, fraichement diplômé, jusqu'à sa mort au pied de son lit, vieux, fatigué et paranoïaque à souhait.
Eastwood étonne par le thème mais pas par la façon de faire : du Clint Eastwood tout craché, classique, léché, maitrisé, malgré la narration non linéaire qu'il parvient à rendre compréhensible, voire même logique.
Là où il étonne, c'est donc par le choix du personnage traité, controversé s'il en est : un homme sans scrupule, pour qui la fin justifie les moyens (les fichiers secrets qu'il tenait sur les personnalités).
Il est sans concession pour son sujet : penchants racistes, paranoïa, mensonges, le Hoover de Eastwood n'est certainement pas un héros de l'Amérique, même s'il aura tenté durant toute sa vie d'en donner l'illusion.
On peut lui être reconnaissant d'avoir traité avec tact la partie de la "légende" qui voulait que Hoover porte des robes. Sans éluder cet aspect de son personnage, il le filme de manière pudique et respectueuse.
Pourtant, il y a des manques dans l'histoire : la chasse aux sorcières n'est pas vraiment traitée (même si l'obsession de Hoover pour le communisme a une part importante dans l'histoire), et surtout ses liens supposés avec la mafia.
Eastwood étonne enfin par la finesse et la douceur avec laquelle il traite la presque histoire d'amour entre Hoover et Clyde Tolson, son bras droit et supposé amant.

C'est tout pour cette fois, à bientôt!

dimanche 8 avril 2012

Gros plan sur une nouveauté : Submarine

Submarine, Richard Ayoade.

Synopsis : Oliver Tate, adolescent gallois se cherche. Il a plutôt une bonne culture littéraire, cinématographique, il est loufoque, il est très inventif. Armé de ces qualités, il va tenter durant les 1h30 du film de mener à bien les deux buts de son existence : se trouver une petite amie et empêcher sa mère de tromper son ennui et accessoirement son père avec son amour de jeunesse, une espèce de gourou qui est revenu s'installer dans la maison voisine.
Oliver Tate est le héros-narrateur de sa vie : il prend un malin plaisir à mettre en scène ses malheurs, ses bons mots, son esprit qu'il croit supérieur.
Le film est composé de plusieurs chapitres, comme autant d'actions et d'échecs de la vie du héros. Le réalisateur fait le choix des retours en arrière, arrêts sur image, de la voix-off omniprésente, rappelant le journal intime. On est donc plongé dans la tête, la vie, l'intimité de ce jeune adolescent qui n'a finalement rien de particulier, hormis sa capacité à nous faire rire de ses maladresses et de ses idées farfelues.
C'est une bonne petite comédie, bien faite, drôle. Mention spéciale à Sally Hawkins, la comédienne britannique à la filmographie plutôt impressionnante, remarquée en France dans Be Happy de Mike Leigh (dispo à la médiathèque) pour lequel elle a reçu le Golden Globe de la meilleur actrice dans une comédie .
La bande originale (magnifique) est signée Alex Turner des Arctic Monkeys dont le réalisateur a tourné plusieurs clips. Elle est beaucoup plus folk que les morceaux du groupe, même si, de temps à autres, on retrouve leurs élans rock .
Pour le coup, et c'est suffisamment rare pour le mentionner, la bande annonce est assez conforme au film et à son esprit doucement bohème et loufoque. On peut penser en le voyant à Harold et Maude réalisé par Hal Ashby en 1971 (aussi dispo à la médiathèque, décidément!). Oliver rappelle par ses tenues très années 70 et par son esprit décalé Harold, ce garçon gauche qui passe son temps à mettre en scène ses faux suicides.

vendredi 6 avril 2012

Le Synopsis Acte I : Bande Annonce du 13 mars

Et un synopsis de plus pour vous faire revivre la dernière BA.

On a parlé dans le désordre de gros films (Sherlock Holmes), de taupes (La Taupe), de vaches (Bovines), ou encore de vieux conservateurs (J. Edgar) ...

On commence par le plus célèbre des détectives : Sherlock Holmes 2 : Jeu d'ombres.

Synopsis :

Partout dans le monde des catastrophes se succèdent, plutôt commun. Mais Sherlock Holmes est le seul à voir dans des attentats à Strasbourg et Vienne, la mort d'un trafiquant d'opium en Chine, d'un baron de l'acier aux États-Unis et la ruine d'un magnat du coton la même source : le professeur James Moriarty qu'il a entr'aperçu dans le passé (dans le premier volet) . Convaincu que ce dernier veut provoquer une guerre mondiale, il mène son enquête avec son acolyte futur marié, le Dr Watson.


Réalisé encore par Guy Ritchie (Arnaques, crime et botanique, Snatch).

Le réalisateur avait réussi dans le premier volet (selon moi) un mix entre l'œuvre que tout le monde connait, soit par lecture, soit par les adaptations, et son propre style cinématographique, tout en violence, rapidité de narration, de débit de ses acteurs. L'humour, à travers les traits d'esprit de Holmes et Watson, leurs joutes verbales, était très présent. En restant fidèle au roman (Holmes est un grand boxeur, opiomane, misogyne et asocial), il était parvenu à apporter une version du détective le plus connu au monde finalement fidèle sans renier son cinéma.

D'autre part Watson se marie, ce qui nous ramène là où l'histoire précédente se terminait : Holmes vit mal le mariage et le départ de son ami. L'espèce d'amour conjugal que les deux acolytes pourraient nourrir est au centre de ce second volets, avec des sous-entendu plutôt réussis : dans une scène dans un train, où Holmes (pro du déguisement) arrive déguisé en femme et jette par la fenêtre la nouvelle Mme Watson, est prétexte à de très bonnes répliques.

Ici, les mêmes recettes sont exploitées, même humour, mêmes traits d'esprit, même style dans la narration. Pourtant, peut-être parce-que l'effet nouveauté est passé, peut-être aussi parce que tout est là, comme dans le premier mais en légèrement moins bon, on est déçu.

Le choix des acteurs pour les nouveaux personnages est parfait : Jared Harris excellent Moriarty (heureusement, on a échappé à Brad Pitt, pressenti au début pour le rôle) tout en "dandyisme", finesse, élégance, il n'en fallait pas moins pour le plus grand esprit criminel de la saga Holmes. Mais surtout Stephen Fry en Mycroft Holmes, toujours impeccable dans le rôle ô combien fascinant du frère de Sherlock, tête pensant des services secrets britanniques, aussi intelligent que son petit frère, si ce n'est plus.

Malgré tout, on a tendance à saturer au milieu de ces moments d'actions qui s'enchainent sans nous laisser le temps de nous poser. Le film est traversé par des moments d'humour, de fraicheur, malheureusement sans retrouver la fluidité et la légèreté du premier.


En ces temps d'intense élection, place à la politique et aux hommes qui font la politique avec Pater d'Alain Cavalier.

Pater, Alain Cavalier


Alain Cavalier n'est pas un réalisateur comme des autres, Alain Cavalier aime perdre son spectateur. C'est ce qu'il fait, avec brio, dans ce film qui prend pour prétexte la politique et qui plonge dans les rapports père/fils, metteur en scène/comédien et, englobant le tout, les rapport autour du pouvoir. Il tourne un film-documentaire et sa force est d'être capable de nous tenir en haleine sur deux niveaux : lorsqu'ils jouent leur rôle et lorsqu'ils sont eux-mêmes.

Synopsis : Tout commence lors d'un diner entre Alain Cavalier et Vincent Lindon. Le metteur en scène propose à l'acteur, connu pour ses pétages de plomb, de tourner un film dans lequel Cavalier serait le président de la république et Lindon son premier ministre. Cavalier a alors déjà commencé à tourner un film sur un film en train d'être tourné...

Sans crier gare, au détour d'une phrase, chacun sort de son personnage, une scène au début du film montre Lindon s'énerver contre son propriétaire pour une histoire d'ascenseur installé dans son bâtiment, lui-même dans une rue bourgeoise, pleine de boutiques de luxe. Lindon est Lindon, mais son message est éminemment politique. Joue-t-il la comédie? Est-ce véridique? On ne sait pas et finalement, ça n'a pas beaucoup d'importance.

Le prétexte politique :

Le premier ministre se lance dans un projet, voulu par le Président, visant à instaurer un salaire maximum, comme il existe déjà un salaire minimum. Les premiers désaccords entre les deux hommes surgissent, le premier ministre ne se sent pas soutenu par le président.

Le rapport père/fils metteur en scène/comédien.

A ce moment-là, le prétexte politique s'évanouit devant les questionnements sur les rapports père/fils. On comprend alors mieux où veut en venir Cavalier. On comprend le lien avec le monde politique : les trahisons, tuer le père est chose plutôt commune dans ce milieu. Là où le film réussit, c'est qu'il nous manipule à tel point qu'on ne sait jamais vraiment si la trahison du metteur en scène envers le comédien est véridique ou pas, et si la trahison du président envers son premier ministre est véridique ou pas. Cavalier manipule-t-il Lindon? Jusqu'à quel point sommes-nous manipulés?

C'est un véritable exercice de style que nous proposent Cavalier et Lindon. Mais en connaissant mieux le cinéma de Alain Cavalier, on ne peut pas s'en étonner...

Présenté à Cannes cette année, nommé aux Césars dans la catégorie meilleur film et meilleur réalisateur.


Bon, comme j'en ai mis des tartines, j'arrête là l'acte I, le II est pour bientôt.