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lundi 19 septembre 2011

L'âge de l'enfer

Ah, je l'attendais avec impatience, ce dernier album de Chimaira. On se demande bien ce que pourra livrer le groupe après le gros changement de line-up qu'il a vécu (je vous le rappelle, Chimaira a perdu son bassiste, son batteur et son claviériste) et un The Infection plutôt moyen (dû aux morceaux plus lourds et plus lents).

Jaquette de The Age Of Hell

Eh bien je n'ai pas attendu pour rien ce nouvel effort encore une fois produit par Ben Schigel et mixé par Chris "Zeuss" Harris (Hatebreed, Shadows Fall). Chimaira donne un nouveau souffle à sa musique, forcément plus rapide et plus brutal que sur son album précédent. Entre retours aux sources et expérimentations, le groupe prouve qu'il en a dans le ventre, avec un Mark Hunter plus monstrueux que jamais et une production des plus lourdes. The Age Of Hell est finalement un bon pot pourri de ce qu'on peut trouver chez Chimaira : la mélodie et les samples des deux premiers albums, la vitesse de The Impossibility Of Reason, les morceaux épiques de Resurrection, parfois le mid-tempo de The Infection et le côté très thrash de Chimaira et le hardcore de... quasiment tous les albums, en fait !

Notons également l'excellente performance de Ben Schigel aux fûts pour palier l'absence d'Andols Herrick et l'excellente apparition de Phil Bozeman, le chanteur du groupe de deathcore Whitechapel sur Born In Blood, qui a une voix très bien partagée entre le hardcore et le death. Sur certaines éditions se trouvent également en bonus track la reprise Wild Thing du groupe The Troggs qui montre qu'on peut très bien faire du metal extrême en gardant un côté très rock'n'roll ! En bref, un bon album qui réconcilie Chimaira et les fans déçus de la lourdeur et de la lenteur de l'effort précédent.

jeudi 28 juillet 2011

Metal myth(olog)ique, 3ème partie

Suite et fin du parcours de Chimaira.

Chimaira à l'époque de The Infection. De gauche à droite : Andols Herrick (batteur), Chris Spicuzza (sampleur, choriste), Matt DeVries (guitariste rythmique), Mark Hunter (chanteur), Jim LaMarca (bassiste), Rob Arnold (guitariste lead).

En 2009, Chimaira sort The Infection, qui marque le retour de Ben Schigel à la production (ayant produit, je vous le rappelle, la majorité de la discographie du groupe). Ils recrutent aussi au mixage Chris "Zeuss" Harris, connu pour avoir travaillé avec Hatebreed et Shadows Fall. Cet album s'avère être le plus décevant du groupe à l'heure actuelle.

Il se veut beaucoup plus lourd, mais il est surtout beaucoup plus lent, et cette lenteur est le gros défaut du disque. Les samples sont moins discrets que dans The Impossibility Of Reason ou Chimaira, ce qui donne une ambiance extrêmement sombre à l'album. Les solos, eux se font plus rares, mais n'ont pas disparu. Au contraire, il suffit d'écouter le long et excellent morceau, ou devrais-je dire pièce, qu'est The Heart Of It All, pour entendre tout le talent de chaque musicien (à part peut-être les samples, paradoxalement).
Une dernière chose qui nous frappe un peu à l'écoute du disque : la voix de Mark Hunter. Alors que dans les précédents albums, il offrait un étrange cri aigu avec quelques grunts par-ci par-là, ici il donne dans le grunt gros et gras tel un monstre mythologique dont le nom m'a échappé... Un bon album, mais pas le meilleur de Chimaira.

Jaquette de The Infection

A l'heure où j'écris cet article, la sortie du prochain album est imminente. Ce disque marque un changement important de line-up puisque Jim (basse), Chris (samples et choeurs (j'avais oublié cette fonction là tiens)) et Andols (batterie) ont quitté le groupe et n'ont pas contribué au nouvel album. Le prochain effort, appelé The Age Of Hell, serait une nouvelle fois produit par Ben Schigel, qui apparemment se serait aussi occupé de la batterie, d'après ce que j'ai pu lire.

Line-up actuel de Chimaira.

Le line-up actuel de Chimaira est donc (en partant de la gauche sur la photo) :

- Rob Arnold : guitariste lead
- Sean Zatorsky : claviériste, sampleur, choriste
- Matt DeVries : guitariste rythmique
- Austin D'Amond : batteur
- Mark Hunter : chanteur, guitariste occasionnel (Jade, Implements Of Destruction, Six)
- Emil Werstler : bassiste

A noter les autres groupes des membres : Rob fait aussi partie de Six Feet Under (Death metal) avec Matt et de The Elite avec Austin qui, lui fait à la base partie de Bleed The Sky (metalcore). Emil et Sean, quant à eux, sont originellement membres de Daath (Death metal progressif).

dimanche 24 juillet 2011

Metal myth(olog)ique, 2ème partie

Suite du parcours de Chimaira.

Chimaira à l'époque du disque du même nom. Rappel des membres, de gauche à droite : Chris Spicuzza (samples, chœurs), Jim LaMarca (basse), Mark Hunter (chant), Rob Arnold (guitare lead), Matt DeVries (guitare rythmique), Kevin Talley (nouveau batteur)

Au fur et à mesure des concerts suite à la sortie de The Impossibility Of Reason, un nouveau départ (encore un !) se pointe à l'horizon. Andols Herrick, le batteur, décide de quitter l'aventure, ne prenant plus plaisir à jouer et décidant de retourner à l'université faire ses études. C'est un choc autant pour les fans que pour le groupe. Mais les membres ne se démontent pas et recrutent Ricky Evensand du groupe de death mélodique Soilwork. Mais la collaboration tourne court et ce dernier quitte le groupe pour quelques différends avec les autres membres mais aussi pour des problèmes de visa. Il faut dire que Soilwork est un groupe suédois... et Ricky aussi !

Sur les bons conseils du légendaire guitariste du légendaire groupe Slayer, Kerry King, Chimaira s'attache les services de Kevin Talley, ancien batteur des groupes de death metal Misery Index et Dying Fetus. Et c'est parti pour un nouvel album intitulé sobrement Chimaira, sorti en 2005, considéré comme l'album de la consécration. Il est beaucoup plus complexe, plus lourd, plus brutal et moins rentre-dedans. Les morceaux durent au minimum 5 minutes chacun (le plus court étant de 4 min40) !
Il fait aussi la part belle à la guitare tellement il y a de solos par-ci, par-là. Les riffs rappellent également les grandes heures du thrash metal old-school en sonnant 80's qui n'est pas sans nous rappeler Metallica, Slayer et beaucoup d'autres... Une autre caractéristique : il n'y a presque pas de voix claires (même si elles ne sont pas absentes) ou de titres mélodiques comme Down Again sur l'album précédent. Chose qui frappe également : le style du nouveau batteur. Il ramène avec lui des blast beats tout droit issus du death metal. On en oublierait presque que Chimaira est un groupe de metalcore. Heureusement que le son des guitares et l'excellente production de Ben Schigel nous le rappelle.

Jaquette de Chimaira

2007 est une année de rebondissements pour Chimaira. Premièrement, Andols Herrick vient réintégrer le groupe après avoir participé à Roadrunner United. Deuxièmement, le groupe est libéré de son contrat et signe sur Ferret Records pour les USA et sur Nuclear Blast pour le reste du monde. C'est une "libération" pour Chimaira étant donné la politique un peu trop "commerciale" de Roadrunner. Ils en profitent donc pour sortir Resurrection, produit par Jason Suecof (producteur connu pour avoir produit le groupe Trivium). Cet effort se caractérise par des morceaux particulièrement épiques, sans oublier, bien entendu, le côté metalcore et groove metal.

Le groupe livre ici un disque qui a une réelle ambiance sur la durée. Les morceaux s'enchaînent comme s'ils avaient un véritable lien. Les influences sont aussi diverses puisque la dernière piste Empire n'est pas sans évoquer le black metal symphonique. D'ailleurs, certains claviers de cette chanson ont été réalisés en étroite collaboration avec Morgoth the Impaler, un artiste de black metal symphonique norvégien... qui est, en réalité et bêtement Chris, le claviériste habituel de Chimaira, grimé en black metalleux.

Chimaira à l'époque de Resurrection. A l'extrême gauche, Andols Herrick qui est revenu.

mercredi 20 juillet 2011

Metal myth(olog)ique, 1ère partie

Après quelques mois d'absence au sein du blog en cette fin d'année quelque peu mouvementée, je profite des vacances pour écrire cet article (voire toute une série) suite au dernier Instant metal consacré au metalcore.

Je tenais donc à parler d'un groupe que je considère comme mon préféré, une influence, une inspiration : CHIMAIRA !!! Groupe de metal moderne (histoire de condenser les genres qu'ils peuvent pratiquer) pas forcément des plus reconnus à ce que j'ai pu remarquer. Ils ont quand même une très bonne notoriété. Faisons donc le tour sur leur parcours.

Chimaira à l'époque de POOE. De gauche à droite : Rob Arnold (guitariste lead), Andols Herrick (batteur), Mark Hunter (chanteur) (suivez bien l'étonnante évolution de sa coupe de cheveux durant les périodes), Chris Spicuzza (sampleur, choriste), Jason Hager (guitariste rythmique) et Jim LaMarca (bassiste).

Le groupe se forme en 1998 à Cleveland, dans l'Ohio, composé du chanteur Mark Hunter et du guitariste Jason Hager. Après une démo qui leur permet une signature sur le label East Coast Empire Records et de nombreux changements de line-up (constitué à partir d'ici des deux gaillards cités ci-dessus, de Rob Arnold (guitare lead), Rob Lesniack (basse), et Andols Herrick (batterie)), le groupe sort un premier EP en 1999, intitulé This Present Darkness, produit par Ben Schigel (qui produira la majorité de la discographie de Chimaira par la suite). Quelques temps après cette sortie, Chimaira recrute Chris Spicuzza aux samples et renvoie le bassiste. Il se fait remplacer par Jim LaMarca. Les concerts s'enchaînent et le groupe commence à se construire une bonne réputation. Tout cela va attirer le célèbre label Roadrunner Records (ENCORE EUX !) qui décroche un contrat.

Jaquette de Pass Out Of Existence

Et ce qui devait arriver arriva. En 2001, Chimaira sort son premier album Pass Out Of Existence (disponible à la médiathèque), produit par Andrew Mudrock, qui signe un premier effort froid et industriel, plus orienté vers le nu metal, sans oublier les origines metalcore (notamment dans l'alternance du chant crié et du chant clair). Les samples fusent et les guitares sont tranchantes. Cette production a été vivement reprochée par les critiques que j'ai pu lire, surtout celles des webzines. Il faut dire que le nu metal est un genre assez facilement critiqué, mais nous verrons ça plus tard lors de prochaines séances. Dans tous les cas, ce n'est certainement pas un mauvais album.

Jaquette de The Impossibility Of Reason

S'ensuit un nouveau changement de line-up. En effet, Jason Hager devient père et quitte le groupe pour rester auprès de sa famille. Il se fait remplacer par son ami Matt De Vries en tant que guitariste rythmique. Les tournées s'enchaînent jusqu'en 2002 où Chimaira retourne à Cleveland pour enregistrer un nouvel album, The Impossibility Of Reason, un disque purement metalcore. Les changements se font avec des morceaux plus agressifs, des guitares à l'accordage rehaussé (ça, c'est pour les musiciens) et une nouvelle production assurée par Ben Schigel, cité plus haut, plus chaude, plus suante et plus sanguinaire. On note aussi l'apparition d'un bon nombre de solos. Les samples et la basse, eux, se font plus discrets, mais sont audibles si on tend un peu l'oreille. L'ensemble rend moins nu metal, et plus metalcore, hardcore, thrash metal (moderne) et groove metal (et oui, encore une tonne de genres). Tout ça pour le plus grand plaisir de nos oreilles !

Chimaira à l'époque de TIOR. A l'extrême gauche, Matt DeVries, le nouveau guitariste.